Khalife Seydina Madione LAHI 2017-04-23T12:21:30+00:00

Seydina Madione LAHI est né en 1881 à Yoff et est rappelé à Dieu en 1971 à Yoff. Il était à la tête de la confrérie de 1949 à 1971.

Avec Seydina Issa, la communauté layène avait atteint maturité spirituelle et stabilité sociale, et effectuait dans la tranquillité, des activités religieuses, des oeuvres sociales d’entraide, d’éducation des enfants et des activités économiques prospères (agriculture, pêche, commerce, culture maraîchère …), tout en entretenant d’assez bonnes relations avec les autres confréries religieuses et avec les Français qui administraient le pays.

Dès lors son frère et successeur Seydina Mandione Lahi ne s’imposa d’autres tâches que d’assurer la continuité. Ce qu’il fit avec bonheur, et avec d’autant plus d’aisance qu’il connaissait toutes les ficelles de la lourde charge qui reposait sur ses épaules. Il fut en effet durant les quarante années d’apostolat de Seydina Issa son plus proche lieutenant, son conseiller et son émissaire à qui il confiait les missions les plus délicates.

Doué d’un caractère doux, pacifique, d’une pondération lucide, il parvenait à calmer les emportements de Seydina Issa, lorsqu’il se mettait en colère, irrité par une injustice ou par une transgression des commandements de Dieu.

Grâce à lui des incidents qui pouvaient aboutir à un affrontement sanglant entre villageois dont des litiges de terrain opposaient souvent, ont connu une issue pacifique. La cohésion de la communauté fut maintenue. Les activités éducatives connurent un progrès notable, avec l’ouverture d’une école d’enseignement de l’Arabe à Cambérène, confiée à Magoum Keur Diongue.

Seydina Mandione fut, en toutes circonstances, efficacement secondé par son jeune frère Ababacar Thiaw Lahi. Dès son accession à la tête de la confrérie, ce dernier lança des mises en garde aux adeptes pour leur demander de ne pas abuser de la clémence du nouveau Khalife afin de ne pas tomber dans un quelconque relâchement. Il semble bien que par ces avertissements, il cherchait à prévenir des incidents et des actes d’insoumission qui éclateront quelques années après, dans Cambérène, dûs à des dissensions politiques.

La disparition brutale de Seydina Ababacar, en qui tous voyaient un excellent futur khalife, en octobre 1966, plongea toute la confrérie layène dans le désarroi.

Seydina Mandione qui ployait sous le poids de l’âge sentit profondément ce vide difficile à combler. Mais ses deux fils Seydina Issa Il et Mame Alassane dit Rane, restèrent vigilants à ses côtés ainsi qu’El Hadji Abdoulaye Thiaw fils de Seydina Issa Rouhou Lahi.

Peu loquace Seydina Mandione n’avait nullement la vocation d’un prédicateur disposé à haranguer les foules. Il se contentait de répéter à toute occasion des injonctions à craindre Dieu à le servir avec constance, en demeurant fidèle à la tradition du prophète Muhammad (P.S.L), à s’attacher à la droiture morale, à se détourner de ce bas monde.