Khalife Seydina Issa LAHI II2017-04-23T12:27:21+00:00

Seydina Issa LAHI (dit Baye Seydi Thiaw) est né en 1914-1915 à Rufisque et est rappelé à Dieu en 1987 à Yoff. Il était à la tête de la confrérie de 1971 à 1987.

vec le décès de Seydina Mandione, en 1971, une nouvelle étape de cette évolution allait démarrer, suite à l’accession de son fils Seydina Issa II à la tête de la confrérie. Étape caractérisée par une plus grande diffusion de l’enseignement de Seydina Limamou et de ses khalifes, Il en résulta une meilleure connaissance de la confrérie, de son idéologie et de ses guides. Grâce à la diffusion d’images et de discours par la radio, la télévision et la presse écrite; mais aussi au fait que c’est sous le khalifat de Seydina Issa Il qu’intervint une manifestation publique majeure: la cérémonie commémorative du centenaire le l’Appel de Seydina Limamou, qui eut lieu le 5 Juin 1981.

A l’occasion de cette manifestation grandiose, affluèrent à Yoff les personnalités les plus représentatives du Sénégal, une foule nombreuse composée d’hommes et de femmes layène, des invités et un grand nombre de sympathisants venus spontanément. Le Président de la République du Sénégal y était représenté par une forte délégation conduite par le Premier Ministre Habib Thiam.

La presque totalité des chefs de confrérie religieuse du Sénégal y avait envoyé un ou plusieurs représentants. De brillantes allocutions retransmises par la radio et la télévision y furent prononcées : celle de El Hadji Abdoulaye Thiaw en wolof, celle de Issa Diop secrétaire particulier du khalife, en français, celle du professeur El Hadji Sakhir Gaye en arabe, celle du Premier ministre et enfin l’intervention musclée du khalife Seydina Issa II.

Après ses remerciements à l’assistance, il invita les fidèles à s’engager davantage dans l’accomplissement d’ouvres au service de Dieu, à se détacher de ce bas monde et de ses dangereuses illusions, à se conformer aux directives du Prophète. Il dit en substance : »Sachez que nous venons dans ce monde dans un dénuement total : à sa naissance, dit-il l’homme est impotent, sourd, muet, aveugle, dévêtu. Devenu adulte et se sentant nanti d’une certaine puissance physique ou financière, il tombe facilement dans l’orgueil, oubliant que sous peu il retournera à Dieu dans les mêmes conditions qu’au départ :impotent, sourd, muet, aveugle, dévêtu …

La cérémonie fut agrémentée, naturellement, par de beaux hymnes entonnés par garçons et filles sous la direction des deux grands « chefs d’orchestre » Magoum Keur Diongue et Issa N’Diaye.

Les années suivantes la confrérie a célébré avec la même solennité, la même affluence les 101e, 102e … 112e anniversaires de l’Appel de Seydina Limamou. avec la différence qu’à partir du 102e les cérémonies furent étalées sur deux jours pour y inclure une matinée de prière à Guentaba (premier site de Cambérène), et au mausolée de Seydina lssa Rouhou Lahi, un après-midi de prière et de chants à la grotte de Ngor que fréquentait Seydina Limamou. A cela s’ajouta la matinée de prière devant le mausolée de ce dernier et la réception finale offerte aux délégations religieuses et gouvernementales, et aux invités de marque.

A partir de 1984, ou 1985 des cérémonies similaires ont commencé à être organisées à Cambérène pour célébrer l’anniversaire de la naissance de Seydina Issa, la date de cette fête étant symboliquement fixée au 25 Décembre de chaque année.

Il faut aussi noter que c’est sous le khalifat de Seydina Issa II qu’intervint une percée du layènisme vers l’Europe, en particulier en France. Grâce à Chérif Ousseynou Lahi, qui séjourne assez souvent à Paris, le cercle des Layènes de cette ville grandit sans cesse.

Quelle évolution depuis les années de persécutions de Seydina Limamou (P.S.L) par les autorités coloniales françaises durant les années 1887-1890, à ce jour du 3 Avril 1975 où une grande dame française la Vicomtesse Anne de Lignère fit sa conversion à l’islam, sous le parrainage de Chérif Ousseynou Lahi, petit-fils de Seydina Limamou. Ainsi elle devint la première layène de France, suivie dans sa conversion à l’islam par son mari et d’autres Français. Mue par une forte conviction, elle avait fini par élire domicile dans une villa située à deux pas du mausolée de Seydina Limamou à Yoff. Décédée dans la nuit du 1er au 2 Mai 1987, elle fut accompagnée à sa dernière demeure par une immense foule de layènes qui lui firent des obsèques émouvantes. Elle est enterrée dans le cimetière contigu au mausolée de Seydina Limamou.

Seydina Issa Il exerça une influence fortement moralisante sur la confrérie, par son thème favori du détachement des biens matériels de ce monde, qui émaillait tous ses discours, et par son comportement personnel plein de retenue et de noblesse. Doué d’une fermeté de caractère sans faille, fortement attaché à l’enseignement de son grand père Seydina Limamou, et de Seydina Issa Rouhou Lahi (Dieu les bénisse), il était prompt à condamner toute déviation et à rejeter toute compromission douteuse. En est une preuve, le fait qu’il n’a pas exploité les possibilités de financement de toutes sortes dont il pouvait obtenir avec l’appui intéressé de politiciens. En effet ceux-ci sollicitaient constamment son appui et ses prières. En retour, il n’acceptait que les contributions données officiellement pour l’organisation de manifestations religieuses collectives.

Par contre, il a affirmé publiquement dans un discours retransmis par la radio et la télévision qu’il a cédé au gouvernement 364 hectares de terrain, gracieusement, pour la construction de logements sociaux(Parcelles Assainies).

En application de l’injonction coranique concernant le mariage des célibataires, et des principes d’une tradition initiée par son grand père, Seydina Issa II fit une tournée de quelques semaines en 1984, pour organiser dans diverses communautés layène des villes et villages, des mariages, de jeunes gens préalablement consultés et encouragés à se marier. Deux cent soixante-cinq mariages furent célébrés en sa présence. Après son passage, les notables chargés du suivi de l’opération ont célébré deux cent trente-cinq autres mariages, soit au total cinq cent mariages en quelques semaines. Aujourd’hui un bon nombre de petits garçons issus de ces ménages formés sous son impulsion portent son nom. L’année suivante, il refit la même tournée commencée le 29 septembre 1985 à Yoff. Après avoir visité ses adeptes de Cambérène, Yembeul, Malika, Dakar, Bargny, Rufisque il termina ces séances de mariage, par Thiaroye gare le 8 Décembre 1985.

Il faut aussi porter à son actif, d’innombrables actes et discours qu’il fit pour consolider l’unité des musulmans. C’est cette volonté de promouvoir cette unité qui le conduisit à effectuer vers les années 1982-1983 une tournée au cours de laquelle il rendit une visite de courtoisie à tous les chefs de confrérie religieuse du Sénégal.

Après son rappel à Dieu, intervenue, suite à une longue maladie, le mardi 13 octobre 1987, El Hadj Abdoulaye Thiaw, fin orateur, eut l’occasion de dire au Président de la République du Sénégal venu à Yoff le 26 Février 1988 clôturer sa campagne électorale, cette vérité bien simple : »… Seydina Issa II s’en est allé, les mains propres car nous n’avons pas connaissance d’une dette contractée par lui, ni auprès des autorités publiques ni auprès d’un particulier »